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From: xavier delcourt <delcourt@xxxxxxxxxxxxxxxxx>
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Date: Thu, 11 Aug 2005 18:53:43 +0200
This is a rather long message: apologis.
Looking a certain exchanges in the list, it seems that a lot of the
analyses in terms of technologies of power still view Foucault as
designing a present mainly framed by disciplinarian ans normalizing
technologies . This is absolutely not so. I guess this mislead is due to
the very long delay of publication and translation of his courses at
college de France.
In Birth of biopolitics (1978-1979), where he mainly deals with
neo-liberalism (german ordo liberalism, Chicago and austrian schools) as
a radicaly new way of thinking and acting within the liberal «
gouvernementality », Foucault speaks, in his 21 march 1979 lesson, of
the emergence of a new technology of power, which he calls « technology
of the environement ». This above short passage, where he sums an
intuition he never developed afterwards (despite what he repeatedly says
here), is in some ways enigmatic, but I believe hit sheds new light that
might , waiting for an english translation , help coming out of the
Discipline and punish problematisation.
I don’t feel able to perform this translation. Somebody will, I am sure.
Here are page 265 ans 266 of : Naissance de la biopolitique – hautes
Etudes Gallimard- 2004. It just consists in a paragraph and a long
note.(need a french keyboard to read accents). Here it comes:
(…) Ce qui posera le problème, dont je parlerai la prochaine fois, de
la technique et de cette nouvelle technologie liée, je crois, au
néolibéralisme, qui est la technologie environnementale ou la
psychologie environnementale aux États-Unis.
(…) vous voyez (mais là alors aussi j'y reviendrai), qu'à l'horizon
d'une analyse comme celle-là, ce qui apparaît, ce n'est pas du tout
l'idéal ou le projet d'une société exhaustivement disciplinaire dans
laquelle le réseau légal, enserrant les individus, serait relayé et
prolongé de l'intérieur par des mécanismes, disons, normatifs. Ce n'est
pas non plus une société dans laquelle le mécanisme de la normalisation
générale et de l'exclusion du non-normalisable serait requis. On a au
contraire, à 1'horizon de cela, l'image ou l'idée ou le thème-programme
d'une société dans laquelle il y aurait optimisation des systèmes de
différence, dans laquelle le champ serait laissé libre aux processus
oscillatoires, dans laquelle il y aurait une tolérance accordée aux
individus et aux pratiques minoritaires, dans laquelle il y aurait une
action non pas sur les joueurs du jeu, mais sur les règles de jeu, et
enfin dans laquelle il y aurait une intervention qui ne serait pas du
type de l'assujettissement interne des individus, mais une intervention
de type environnemental. C'est un petit peu toutes ces choses que
j'essaierai de développer la prochaine fois *
__________
* Le manuscrit comprend ici six feuillets non paginés, qui s'inscrivent
dans la continuité du développement précédent :
« Des analyses comme celle-là posent un certain nombre de problèmes.
I. Concernant la technologie humaine
D'un côté, un recul massif par rapport au système
normatif-disciplinaire. L'ensemble constitué par une économie de type
capitaliste et des institutions politiques indexées sur la loi avait
pour corrélatif une technologie du compor-tement humain, une «
gouvernementalité » individualisante comportant: le quadrillage
disciplinaire, la réglementation indéfinie, la
subordination/classification, la norme.
[2" page] Prise dans son ensemble, la gouvernementalité libérale était à
la fois légaliste et normalisante, la réglementation disciplinaire
étant l'échangeur entre les deux aspects. Avec, bien entendu, toute une
série de problèmes concernant
- l'autonomie, la [...]ation (sectorisation ?) de ces espaces et [...]
réglementaires
- l'incompatibilité terminale entre les formes de la légalité et celles
de la normalisation.
C'est cet ensemble qui apparaît maintenant comme non indispensable.
Pourquoi ? Parce que la grande idée que la loi était le principe de la
frugalité gouvernementale s'avère inadéquate :
- parce que "la loi" n'existe pas comme (principe?). On (peut avoir?)
autant de lois qu'on veut, le débordement par rapport à loi fait partie
du système légal.
- [3" page] parce que la loi ne peut fonctionner que lestée par autre
chose qui en est le contrepoids, les interstices, le supplément ‡
interdiction.
Il faudrait
l - changer la conception de la loi, ou du moins élucider sa fonction.
Autrement dit, ne pas confondre sa forme (qui est toujours d'interdire
ou de contraindre) et sa fonction qui doit être celle de règle du jeu.
La loi, c'est ce qui doit favoriser le jeu, i.e. les [ . . . ]ations,
les entreprises, les initiatives, les changements, et en permettant à
chacun d'être un sujet rationnel, i.e. de maximiser ces fonctions d'utilité.
2 - et considérer qu'au lieu de la supplémenter par une réglementation,
une planification, une discipline
calculer son « enforcement »
- c'est-à-dire on ne doit pas la lester d'autre chose, mais de ce qui
doit simplement lui donner force ;
- [4. page] mais en se disant bien que cet enforcement, c'est au fond
l'élément principal,
- parce que la loi n'existe pas sans lui,
- parce qu'il est élastique,
- parce qu'on peut le calculer.
Comment rester dans le rule of law ? Comment rationaliser cet
enforcement, étant entendu que la loi elle-même ne peut être un
principe de rationalisation ?
- par le calcul des coûts
-l'utilité delaloi
- et le coût de son enforcement
- et par le fait que si on veut ne pas sortir de la loi et ne pas
détourner sa vraie fonction de règle du jeu, la technologie à utiliser,
ce n'est pas la discipline-normalisation, c'est l'action sur
l'environnement. Modifier les donnes du jeu, non la mentalité des joueurs.
[5 page] On a là une radicalisation de ce que les ordolibéraux allemands
avaient déjà défini à propos de l'action gouvernementale: laisser le
jeu économique aussi libre que possible et faire une
Gesellschaftspolitik. Les libéraux américains disent: cette
Gesellschaftspolitik, si on veut la maintenir dans l'ordre de la loi,
elle doit considérer chacun comme un joueur et n'intervenir que sur un
environnement où il pourra jouer. Technologie environnementale qui a
pour aspects principaux :
- la définition autour de l'individu d'un cadre assez lâche pour qu'il
puisse jouer ;
- la possibilité pour l'individu de la régulation des effets se définir
son propre cadre ;
- la régulation des effets environnementaux k
- le non dommage - la non absorption
- l'autonomie de ces espaces environnementaux.
[6. page] Non pas une individualisation uniformisante, identificatoire,
hiérarchi sante, mais une environnementalité ouverte aux aléas et aux
phénomènes transver-saux. Latéralité.
Technologie de l'environnement, des aléas, des libertés de (jeux ?)
entre des demandes et des offres.
- Mais est-ce considérer qu'on a affaire à des sujets naturels ? » (fin
du manuscrit)
--
Xavier Delcourt
Professeur
GSPE-PRISME (CNRS UMR 7012)
Centre universitaire d'enseignement du journalisme
Université Robert Schuman
tel (33)0388144514
fax (33)0388144535
delcourt@xxxxxxxxxxxxxxxxx