[Foucault-L] a new technology of power

This is a rather long message: apologis.
Looking a certain exchanges in the list, it seems that a lot of the analyses in terms of technologies of power still view Foucault as designing a present mainly framed by disciplinarian ans normalizing technologies . This is absolutely not so. I guess this mislead is due to the very long delay of publication and translation of his courses at college de France.
In Birth of biopolitics (1978-1979), where he mainly deals with neo-liberalism (german ordo liberalism, Chicago and austrian schools) as a radicaly new way of thinking and acting within the liberal « gouvernementality », Foucault speaks, in his 21 march 1979 lesson, of the emergence of a new technology of power, which he calls « technology of the environement ». This above short passage, where he sums an intuition he never developed afterwards (despite what he repeatedly says here), is in some ways enigmatic, but I believe hit sheds new light that might , waiting for an english translation , help coming out of the Discipline and punish problematisation.
I don’t feel able to perform this translation. Somebody will, I am sure. Here are page 265 ans 266 of : Naissance de la biopolitique – hautes Etudes Gallimard- 2004. It just consists in a paragraph and a long note.(need a french keyboard to read accents). Here it comes:

(…) Ce qui posera le problème, dont je parlerai la prochaine fois, de la technique et de cette nouvelle technologie liée, je crois, au néolibéralisme, qui est la technologie environnementale ou la psychologie environnementale aux États-Unis.
(…) vous voyez (mais là alors aussi j'y reviendrai), qu'à l'horizon d'une analyse comme celle-là, ce qui apparaît, ce n'est pas du tout l'idéal ou le projet d'une société exhaustivement disciplinaire dans laquelle le réseau légal, enserrant les individus, serait relayé et prolongé de l'intérieur par des mécanismes, disons, normatifs. Ce n'est pas non plus une société dans laquelle le mécanisme de la normalisation générale et de l'exclusion du non-normalisable serait requis. On a au contraire, à 1'horizon de cela, l'image ou l'idée ou le thème-programme d'une société dans laquelle il y aurait optimisation des systèmes de différence, dans laquelle le champ serait laissé libre aux processus oscillatoires, dans laquelle il y aurait une tolérance accordée aux individus et aux pratiques minoritaires, dans laquelle il y aurait une action non pas sur les joueurs du jeu, mais sur les règles de jeu, et enfin dans laquelle il y aurait une intervention qui ne serait pas du type de l'assujettissement interne des individus, mais une intervention de type environnemental. C'est un petit peu toutes ces choses que j'essaierai de développer la prochaine fois *
__________
* Le manuscrit comprend ici six feuillets non paginés, qui s'inscrivent dans la continuité du développement précédent :

« Des analyses comme celle-là posent un certain nombre de problèmes.
I. Concernant la technologie humaine
D'un côté, un recul massif par rapport au système normatif-disciplinaire. L'ensemble constitué par une économie de type capitaliste et des institutions politiques indexées sur la loi avait pour corrélatif une technologie du compor-tement humain, une « gouvernementalité » individualisante comportant: le quadrillage disciplinaire, la réglementation indéfinie, la subordination/classification, la norme.
[2" page] Prise dans son ensemble, la gouvernementalité libérale était à la fois légaliste et normalisante, la réglementation disciplinaire étant l'échangeur entre les deux aspects. Avec, bien entendu, toute une série de problèmes concernant
- l'autonomie, la [...]ation (sectorisation ?) de ces espaces et [...] réglementaires - l'incompatibilité terminale entre les formes de la légalité et celles de la normalisation.
C'est cet ensemble qui apparaît maintenant comme non indispensable. Pourquoi ? Parce que la grande idée que la loi était le principe de la frugalité gouvernementale s'avère inadéquate :
- parce que "la loi" n'existe pas comme (principe?). On (peut avoir?) autant de lois qu'on veut, le débordement par rapport à loi fait partie du système légal.
- [3" page] parce que la loi ne peut fonctionner que lestée par autre chose qui en est le contrepoids, les interstices, le supplément ‡ interdiction.

Il faudrait
l - changer la conception de la loi, ou du moins élucider sa fonction. Autrement dit, ne pas confondre sa forme (qui est toujours d'interdire ou de contraindre) et sa fonction qui doit être celle de règle du jeu. La loi, c'est ce qui doit favoriser le jeu, i.e. les [ . . . ]ations, les entreprises, les initiatives, les changements, et en permettant à chacun d'être un sujet rationnel, i.e. de maximiser ces fonctions d'utilité.

2 - et considérer qu'au lieu de la supplémenter par une réglementation, une planification, une discipline
calculer son « enforcement »
- c'est-à-dire on ne doit pas la lester d'autre chose, mais de ce qui doit simplement lui donner force ;
- [4. page] mais en se disant bien que cet enforcement, c'est au fond l'élément principal,
- parce que la loi n'existe pas sans lui,
- parce qu'il est élastique,
- parce qu'on peut le calculer.
Comment rester dans le rule of law ? Comment rationaliser cet enforcement, étant entendu que la loi elle-même ne peut être un principe de rationalisation ?
- par le calcul des coûts
-l'utilité delaloi
- et le coût de son enforcement
- et par le fait que si on veut ne pas sortir de la loi et ne pas détourner sa vraie fonction de règle du jeu, la technologie à utiliser, ce n'est pas la discipline-normalisation, c'est l'action sur l'environnement. Modifier les donnes du jeu, non la mentalité des joueurs.

[5 page] On a là une radicalisation de ce que les ordolibéraux allemands avaient déjà défini à propos de l'action gouvernementale: laisser le jeu économique aussi libre que possible et faire une Gesellschaftspolitik. Les libéraux américains disent: cette Gesellschaftspolitik, si on veut la maintenir dans l'ordre de la loi, elle doit considérer chacun comme un joueur et n'intervenir que sur un environnement où il pourra jouer. Technologie environnementale qui a pour aspects principaux :
- la définition autour de l'individu d'un cadre assez lâche pour qu'il puisse jouer ;
- la possibilité pour l'individu de la régulation des effets se définir son propre cadre ;
- la régulation des effets environnementaux k
- le non dommage - la non absorption
- l'autonomie de ces espaces environnementaux.

[6. page] Non pas une individualisation uniformisante, identificatoire, hiérarchi sante, mais une environnementalité ouverte aux aléas et aux phénomènes transver-saux. Latéralité.
Technologie de l'environnement, des aléas, des libertés de (jeux ?) entre des demandes et des offres.
- Mais est-ce considérer qu'on a affaire à des sujets naturels ? » (fin du manuscrit)




--
Xavier Delcourt
Professeur
GSPE-PRISME (CNRS UMR 7012)
Centre universitaire d'enseignement du journalisme
Université Robert Schuman tel (33)0388144514
fax (33)0388144535
delcourt@xxxxxxxxxxxxxxxxx




Folow-ups
  • [Foucault-L] R.E. 'The gaze', and, Galtons political dream of Eugenics
    • From: michael bibby
  • Replies
    Re: [Foucault-L] Introduction-Sam Taylor, SAM G TAYLOR
    Re: [Foucault-L] Introduction-Sam Taylor, Arianna
    Re: [Foucault-L] Introduction-Sam Taylor, Craig McFarlane
    [Foucault-L] Reminder, kmille
    Partial thread listing: